Projet d'Appui à l'Autonomisation et à l'Inclusion Financière des Femmes Déplacées Internes (PAIF-DI)
À Douala, 100 femmes ayant fui les crises du Nord-Ouest et du Sud-Ouest deviennent productrices de charbon écologique et gestionnaires de leur propre activité. Pas une aide ponctuelle : un métier, un capital de départ et six mois d'accompagnement.
L'assistance ponctuelle soulage ; elle n'affranchit pas
Les crises sécuritaires des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont provoqué des déplacements de population massifs. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le Cameroun compte près de 936 767 personnes déplacées internes et plus de 518 000 retournés. La région du Littoral en accueille environ 81 298, et la ville de Douala concentre un noyau particulièrement vulnérable de 23 000 à 26 000 femmes et jeunes filles.
Arrivées sans ressources, souvent sans réseau de soutien et sans accès à une formation adaptée ni à un financement, ces femmes restent dépendantes de l'aide d'urgence. Cette dépendance pèse sur elles et sur leurs enfants, et fragilise l'équilibre des quartiers qui les accueillent.
Cinq engagements pour sécuriser toute la chaîne entrepreneuriale
Former
Former 100 femmes déplacées internes à la production de charbon écologique et à la gestion financière de base.
Équiper
Équiper les 100 bénéficiaires d'un kit de production complet et opérationnel, remis dès la clôture de la formation.
Mutualiser
Mutualiser la production au sein d'une unité collective, structurée en Groupement d'Intérêt Économique.
Relayer
Installer 8 femmes relais, choisies parmi la cohorte, chargées de la mobilisation, de la médiation et du suivi de proximité.
Accompagner
Accompagner chaque bénéficiaire pendant plusieurs mois : visites bimensuelles, audit de trésorerie et évaluation d'impact.
Une activité qui nourrit une famille et allège la ville
La filière a été retenue pour trois raisons : un coût de matière première très faible, puisqu'elle valorise des déchets organiques collectés localement ; une clientèle récurrente et solvable - ménages, restaurants, grillades, écoles, églises ; et un bénéfice environnemental direct, en réduisant à la fois la pression sur le bois de chauffe et le volume de déchets non traités à Douala.
Le parcours d'une bénéficiaire
Identification
Repérage avec les associations de personnes déplacées, entretien individuel et vérification des critères d'éligibilité.
Formation (5 jours)
Deux jours de technique - carbonisation, liant, pressage des briquettes - puis trois jours de gestion : prix de revient, règle des trois caisses, cahier de caisse en pictogrammes, prospection de proximité, Mobile Money et sécurité de l'argent.
Dotation
Remise du kit de production le dernier jour, contre décharge signée, sous condition d'assiduité complète à la formation.
Accompagnement
Visites bimensuelles, contrôle de la tenue du cahier de caisse, appui à la commercialisation groupée, évaluation d'impact à mi-parcours et en fin de parcours.
Des résultats vérifiés, y compris lorsqu'ils sont en deçà des cibles
| Indicateur | Cible | Vérification |
|---|---|---|
| Progression du revenu mensuel des ménages bénéficiaires | +30 % | Enquête ligne de base / ligne finale |
| Activités génératrices de revenus opérationnelles et rentables | ≥ 85 % | Audit de trésorerie et cahiers de caisse |
| Assiduité à la formation | ≥ 90 % | Registres d'émargement quotidiens |
| Kits conservés et utilisés, ni revendus ni gagés | 100 % | Audits inopinés |
| Production de l'unité collective | ≥ 5 tonnes / mois | Cahiers de stock et de production |
La FIO ne mesure pas son action au nombre de formations dispensées, mais au nombre de femmes encore en activité six mois plus tard.
Le PAIF-DI sur le terrain




